01/03/00 -- Plateforme de la semaine libertaire dijonnaise Le texte suivant, rédigé par des membres de différents groupes signataires, servira de plateforme politique à la semaine libertaire se tenant à Dijon du 3 au 11 mars 2001, et sera notamment distribué sous la forme d'un 4-pages. Pour plus d'informations sur cette semaine, consultez le site oueb maloka: http://www.chez.com/maloka. Réfléchir et agir ensemble pour une ville autogérée ! Du 3 au 11 mars, différents collectifs libertaires, squats et lieux autogérés dijonnais ont décidé d'organiser ensemble une semaine d'actions, de fêtes, de rencontres et d'information. Pourquoi ? Pour proposer un aperçu des luttes et initiatives dans lesquelles s'impliquent actuellement les libertaires à Dijon : problèmes de logements, féminisme, anticapitalisme, culture alternative, luttes syndicales, antifascisme, solidarité Nord-Sud, pollution... En cette période électorale, où les partis et milieux politiques institutionnels font tout pour que leurs "citoyens-électeurs" leur permettent de prendre le pouvoir, nous voulons apporter un regard critique sur l'organisation actuelle de la société et montrer qu'on peut y opposer des structures et initiatives politiques alternatives. Tout au long de cette semaine, des rendez-vous spécifiques seront donnés dans différents lieux dijonnais par divers collectifs et individu-e-s voulant présenter leur travail, agir et créer des espaces de discussion autour de leurs activités. Un grand rendez-vous commun sera donné le samedi 10 mars pour une occupation de rue ainsi qu'une bouffe populaire. L'organisation actuelle de la vie, de la société et de la ville Un urbanisme destructeur Les villes sont aujourd'hui structurées pour répondre à des priorités commerciales et à un contrôle assidu de ses habitant-e-s. La tendance actuelle est à la construction d'une ville "propre" et immaculée, terne et uniforme : caméras de surveillance ; murs nettoyés de tout affichage, graffiti ou autre signe d'expression non-conforme ; rues vidées de leurs sujets indésirables (SDF et mendiant-e-s). Ainsi, les populations les plus défavorisées sont massées en périphérie des villes dans des cités-prisons, pendant que les rues anciennement populaires du centre sont "rénovées", les loyers élevés. Vidées de leur vie sociale et populaire, les rues deviennent de simples zones d'achat, commerciales, lumineuses, surveillées et fliquées. Par ailleurs, la séparation entre lieux de travail, de culture, de vie sociale et habitations entraîne des trajets démultipliés dans des voitures individuelles et un rythme de vie morcelé qui n'est pas orienté vers la satisfaction de nos besoins et notre épanouissement personnel, mais vers les nécessités créées par et pour la société actuelle : travailler et consommer, toujours plus, dans un univers individualiste où chacun-e est en compétition contre toutes et tous, pour "faire sa place" aux dépends des autres. Le travail Les formes de travail actuelles ne correspondent généralement aucunement à des activités librement choisies permettant l'épanouissement des individu-e-s, mais à des formes d'exploitation visant à répondre aux besoins de la société, au profit de patrons et autres dirigeants. L'univers fortement hiérarchisé du travail est source de stress, d'aliénation, d'inégalités sociales, avec la monotonie de remplir chaque jour une fonction dont on contrôle tellement peu les tenants et les aboutissants qu'elle apparaît comme vide de sens. De plus, la généralisation de formes de travail précaire comme l'Intérim ou la mise en place du PARE (travail obligatoire pour les chômeurs-euses) empêchent les travailleurs et travailleuses de s'organiser collectivement, de créer des rapports de force et de construire un sens communautaire dans le quotidien de leur exploitation. La consommation La société de consommation est basée sur le culte de la marchandise. La publicité et le marketing créent des besoins, dictent des normes, des comportements et conduisent les gens à travailler, à se soumettre, pour consommer toujours plus. Le shopping et la ballade au centre commercial sont en passe de devenir le loisir N°1 des français-e-s après la télé ; ceci est la conséquence effrayante d'un système où le contrôle social et l'uniformisation des êtres humains fonctionnent tellement parfaitement que l'accumulation de marchandises semble être la seule clé du bonheur. On a désormais l'impression qu'être libre, c'est pouvoir acheter, acheter parmi un choix multiple et excitant de produits, souvent fabriqués dans des conditions d'esclavage dans les pays du sud et issus de l'utilisation intensive de pesticides et autres produits toxiques aussi nocifs pour la santé des travailleurs et travailleuses que pour l'environnement. Consommer se fait au prix de la déforestation, de famines, de guerres civiles, d'anéantissement de cultures, de massacres de populations indigènes et de destructions environnementales. Une culture de la domination Le système actuel n'est cependant pas à l'origine de toutes les discriminations qui caractérisent notre société. Il est l'émanation d'une culture du pouvoir dont nous sommes toutes et tous imprégné-e-s et qui veut qu'il y ait des "forts" et des "faibles", selon plusieurs catégories : homme/femme, blanc-he/noir-e, adulte/enfant, hérétosexuel-le/homosexuel-le, humain/animal, etc. L'éducation, la famille et la religion nous amènent à accepter ces divisions, à les considérer comme normales ou naturelles et à reproduire les comportements qui en découlent. On apprend ainsi à respecter l'autorité et la hiérarchie, à accepter la supériorité du maître sur l'élève ou celle des hommes sur les femmes. La société capitaliste ne fait qu'exploiter et renforcer ces différents éléments. Au final, la destruction des liens sociaux et l'uniformisation culturelle que nous vivons empêchent la communication et la solidarité collective. Les formes de participation politique qui nous sont proposées Le système électoral On nous dit aujourd'hui comme à chaque élection que voter pour tel ou telle candidat-e suffira à arranger tous ces problèmes et permettra à chacun-e de choisir la politique locale qui lui convient. Tout au contraire, les élections nous apparaissent comme un vaste mensonge et non un moyen d'agir réellement sur nos vies. Le système électoral est basé sur le pouvoir : celui de quelques personnes (une équipe municipale) sur beaucoup d'autres (les citoyen-ne-s). Le rôle d'un-e maire est de prendre des décisions, et de donner des ordres (en un mot, de diriger). Le rôle de la population est de choisir à qui elle devra obéir, et parfois de donner son avis. Il s'agit généralement de choisir entre deux "leaders charismatiques" avançant des programmes relativement similaires (en l'occurrence, un fort accent est actuellement mis sur la thématique sécuritaire, à droite comme à gauche). Ce pouvoir, nous le critiquons, car il dépossède les premier-e-s concerné-e-s de leurs possibilités d'agir. Dans ce système, seules quelques personnes ont la responsabilité de ce qui concerne pourtant tout le monde. Par ailleurs, ces quelques personnes font quotidiennement la preuve de ce qui les anime : la recherche du pouvoir et le maintien d'un système inégalitaire qui leur profite, motivations qu'ils masquent derrière des allures plus ou moins respectables. Au nom d'une gestion réaliste de notre vie commune, ils nous imposent un système de société basé sur la recherche du profit et l'exploitation des uns par les autres. Une société cogérée par les "décideurs" : représentants des multinationales, du patronat, leaders d'opinions, responsables des partis dits politiques et de certains syndicats. Nous refusons d'être représenté-e-s et de laisser le choix des décisions qui nous touchent aux mains de ces professionnel-le-s de la politique - de gauche comme de droite. Nous voulons sortir de l'attitude contemplative qu'on nous impose, car nous pouvons décider par nous-mêmes. L'engagement associatif Certaines associations proposent des formes d'action collectives et locales et "constituent entre autre un des viviers potentiels dans lesquels peuvent se constituer des contre-pouvoirs émanant de la base". Malheureusement, bon nombre d'initiatives de ce genre dépendent des subventions, des locaux et de la légitimité accordés par les institutions. Ces associations ne sont souvent pas réellement indépendantes et se doivent de rester dans la droite ligne pour continuer à bénéficier des bienfaits des politicien-ne-s qui les font vivre. Dans ce cas elles ne peuvent constituer qu'un bien faible contre-pouvoir. Luttes et alternatives que nous cherchons à mettre en place Contre la résignation On entend souvent dire qu'il est impossible de changer réellement les choses, que rien ne sert de se révolter puisqu'on n'abattra pas un système aussi puissant que le capitalisme. On veut nous faire croire que ce mode de gestion est le seul possible et qu'à défaut de pouvoir lutter contre le capitalisme, il faut se contenter de le gérer le mieux possible. Mais nous ne voulons pas nous laisser bercer dans cette passivité à laquelle on nous pousse. Il s'agit pour nous nous d'agir dès maintenant et d'expérimenter nos volontés collectivement par l'entraide et la solidarité, tant dans la lutte face aux aliénations et oppressions que dans la mise en place d'alternatives locales au système... Ce que proposent les libertaires Trop souvent, les médias, l'état, l'imaginaire collectif dépeignent les libertaires ou anarchistes comme des utopistes délirant-e-s et irresponsables dans le meilleur des cas, voire même parfois comme de dangereux-ses délinquant-e-s quand il s'agit de faire peur. Loin d'être irresponsable, notre militantisme libertaire nous aide pourtant à prendre conscience des conséquences de nos actes que ce soit au niveau des différentes formes d'oppression que nous pouvons exercer sur les autres, de la destruction de l'environnement ou des inégalités sociales. L'anarchie ne se limite pas à l'abolition de l'Etat (et à laisser place au chaos comme on peut souvent l'entendre dire). C'est réellement une nouvelle forme d'organisation sociale. L'anarchisme est un mouvement d'idées et d'actions visant le remplacement de l'Etat par une forme de coopération entre individus libres. On peut affirmer que les différents courants de l'anarchisme ont en commun de : - rejeter la participation aux structures gouvernementales et institutionnelles - privilégier l'action directe (c'est à dire intervenir directement dans la vie de la société sans passer par l'intermédiaire des institutions politiques) - soutenir la libre organisation non hiérarchisée du mouvement social La résistance face aux pressions du système Notre action se focalise principalement sur les luttes menées au quotidien et la participation à des mouvements sociaux de remise en cause du système. Il peut s'agir de luttes pour assurer la survie de chacune et chacun, de luttes pour ne pas se laisser écraser, expulser, pour résister quotidiennement à l'aliénation, à la soumission et à la marchandisation de nos vies. Nous sommes pour des luttes sociales autonomes vis à vis de la bureaucratie syndicale et de bon nombre d'O.N.G. qui gèrent l'exploitation et travaillent souvent main dans la main avec les patrons et institutions. Que ce soit sur les lieux de travail, dans les écoles ou dans la rue, il est possible de s'organiser afin de s'attaquer de façon directe et concrète aux ravages causés par les politiques économiques actuelles. Nous sommes pour des mouvements qui se développent de manière horizontale, sans hiérarchie, ni bureaucratie. Nous souhaitons que ces luttes puissent aboutir, notamment par des actions directes (occupations, grèves et meetings sauvages, exercice de la démocratie directe), à une remise en cause du travail salarié. Il s'agit de se réapproprier les richesses et moyens de production et de viser à des activités librement choisies afin de répondre aux besoins et désirs des individu-e-s et de la communauté... La mise en place d'alternatives concrètes Il s'agit néanmoins autant que possible que ces luttes parviennent aussi à être créatives et à mettre en place dès aujourd'hui, petit à petit, des structures émanant de la base, solidaires et autogérées (indépendantes de l'Etat et de toute structure privée à visées commerciales) : par exemple, dans les pays riches, par des systèmes d'échange de savoir ou de services visant à se substituer petit à petit au travail salarié ou à l'achat, par des coopératives locales et bio, par des comités de quartier, par des potagers collectifs en périphérie des villes, par la réoccupation des zones rurales contre l'agriculture industrielle, par la création de lieux d'habitation et d'activité autogérés en ville et à la campagne, par l'édition et la diffusion indépendante de livres, brochures, musiques et autres, par des expériences de vie collective, par des écoles alternatives, etc. Ceci peut commencer par la remise en cause de ses habitudes de consommateur, de consommatrice et de moins gaspiller, polluer, jeter, acheter au quotidien... et par la remise en cause de comportements dominants, en cherchant à vivre à égalité avec les autres. D'autre part, nos luttes locales se joignent à celles des exploité-e-s partout dans le monde qui ont pour même ennemi ce système capitaliste : celles des paysan-ne-s indien-ne-s ou des communautés noires colombiennes, mais aussi les multiples initiatives parallèles aux nôtres menées en Europe. L'autogestion à échelle locale A l'heure de cette nouvelle campagne électorale, l'idée d'une plus grande participation des citoyen-ne-s à la gestion de la ville est à la mode. Cependant, les politiques ne nous proposent qu'un peu plus d'information et de consultation sur des décisions déjà prises. Dans l'objectif d'une gestion directe, il s'agit pour nous d'inverser complètement le processus d'élaboration des décisions afin de maîtriser notre avenir. Par le biais de comités de quartier, de délégué-e-s révocables, de rencontres associatives, de repas et de fêtes, d'assemblées générales, il est possible de créer des liens sociaux et de commencer à reprendre en main la gestion de la ville. Sur des questions plus larges comme les services publics, la santé, la culture ou l'éducation, il est possible de s'organiser à travers la ville en réseaux d'action et de solidarité. Pour bénéficier d'une autonomie réelle, la gestion directe d'une commune doit aussi viser plus largement au remplacement d'un Etat centralisé par des formes d'échange libres et solidaires entre municipalités libres. Nous constatons qu'à petite échelle, il est possible de mettre certaines de ces idées en pratique. A Dijon par exemple, une partie du milieu libertaire occupe des lieux laissés à l'abandon, pour remettre en cause la propriété privée et la spéculation immobilière, mais aussi pour vivre des expériences collectives, créer des lieux d'activité et de rencontre ouverts sur le quartier. Nous n'érigeons évidemment pas cette forme d'action comme modèle intemporel mais comme une façon de construire positivement contre le système dans le contexte actuel. Par ailleurs, Dijon connaît de multiples initiatives intéressantes (souvent dans les quartiers défavorisés), parfois à échelle quasi-individuelle et souvent trop peu connues. Certaines n'en sont pas moins exemplaires et porteuses d'autres rapports entre les individu-e-s de la collectivité. Des formes existantes de soutien scolaire, d'échange de savoir et de services, de partage, de récupération, de création montrent clairement que nous ne sommes pas dans le domaine de l'utopie. Beaucoup de gens y ont recours quotidiennement, savent que ça marche mieux ou que c'est plus convivial et intéressant que le centre commercial, le travail ou la télévision. Quelques exemples et propositions de luttes locales Les luttes sur lesquelles nous focalisons notre attention tout au long de l'année sont diverses et multiples. Il est bien-sûr impossible de détailler ici la manière dont nous abordons chacune d'entre elles. Cependant, il nous semblait intéressant de mettre l'accent sur quelques-uns de ces thèmes, notamment pour faire contre-poids à la démagogie électoraliste. Il ne s'agit surtout pas d'un quelconque programme du mouvement libertaire mais plutôt d'une invitation à réfléchir et agir ensemble. Nous ne constituons pas une avant-garde 'éclairée' qui s'apprêterait à changer le monde mais souhaitons promouvoir un état d'esprit de résistance constructive. Autogestion des services publics A l'échelle nationale, les services publics, la santé, l'éducation et les acquis de décennies de luttes sociales sont remis en causes. Les différents besoins vitaux, les services publics sont privatisés, marchandisés, mis sous contrôle des multinationales. Ce phénomène global s'illustre au niveau local, notamment avec le problème de la privatisation de l'eau à Dijon. De même, il s'agit d'être solidaires avec les travailleuses et travailleurs qui luttent localement contre la dégradation de leurs conditions de travail (comme les éboueurs en grève l'année dernière). Leurs problèmes sont ceux de tout le monde. Création culturelle libre et accessible à toutes et tous Malgré tous les discours officiels sur les priorités données à l'accès à la culture pour tou-te-s, la réalité pour les dijonnais-es, c'est : - d'une part, des structures aux coûts démentiels, payées avec l'argent de tou-te-s mais réservées dans leur usage à une élite bourgeoise (l'exemple le plus frappant en est l'Auditorium) - d'autre part, pour la majeure partie de la population, le champ libre laissé aux marchands d'une culture uniforme qui ressemble plus aux hamburgers vendus à McDo qu'à une quelconque volonté de création et d'échange (ex : le multiplexe de Quetigny) Face à cette réalité, des projets comme l'Espace autogéré des Tanneries cherchent à développer une culture différente, libre et accessible à tou-te-s. D'autres structures comme le cinéma Eldorado résistent pour ne pas être mangées par les supermarchés du cinéma et pour diffuser d'autres images que celles qui vendent. Une ville non-polluée et des transports gratuits Les centre-villes sont surpollués par les voitures, le problème du réchauffement planétaire se pose de façon cruciale et nous sommes de plus en plus nombreux-ses à être conscient-e-s des crimes perpétrés par l'industrie pétrolière. Dans ce contexte, il nous semble primordial de promouvoir des modes de locomotion non-polluants et les transports en commun. La voiture reste un instrument clé du système économique et urbanistique actuel, et ce malgré les professions de foi écolos rassurantes que se sentent obligé-e-s de fournir tou-te-s les candidat-e-s. Les politiques futures à Dijon viseront sans nul doute à construire toujours plus de routes et de parkings. Il faut donc continuer à agir par le biais de manifs à vélo ou d'actions de sensibilisation pour un centre-ville sans voiture, pour des parkings à vélo et tout ce qui pourrait permettre à chacun-e de remettre réellement en cause l'utilisation quotidienne et abusive de la voiture. Si nous luttons par ailleurs pour la gratuité des transports en commun, c'est parce que ceux-ci devraient pouvoir répondre aux besoins de mobilité de la population. Or leur coût de plus en plus élevé est fortement discriminatoire, notamment vis à vis des populations les plus pauvres qui en sont pourtant les principales usagères. Comme ailleurs, nous pouvons réagir par la lutte, l'échange des tickets, par des actions de solidarité contre les amendes et contrôles, par la mise en place de "collectifs sans tickets" et autres groupes d'usager-e-s qui se réapproprient la liberté de circuler. Pour un autre urbanisme Le choix de son lieu d'habitation et la possibilité de mener des expériences de vie collective sont pour nous des enjeux primordiaux. Nous pensons qu'il est possible de créer et renforcer des réseaux de solidarité contre les expulsions locatives, de réquisitionner des logements vides et de s'organiser entre voisin-e-s, par quartier, pour réagir face à ces politiques d'urbanisme. Résistance face aux politiques sécuritaires A Dijon comme dans la plupart des villes se généralise la vidéosurveillance. Il s'agit d'un processus extrêmement insidieux qui vise à nous faire intégrer le sentiment d'être constamment observé-e-s. Toute attitude considérée comme déviante pourrait ainsi être enregistrée par des yeux invisibles puis sanctionnée par l'Etat. Nous souhaitons engager à Dijon une lutte contre ce symbole de l'ère "Big Brother", et espérons pouvoir ainsi amener une plus large prise de conscience du contrôle social (que celui-ci se traduise par le fichage, l'éducation, le travail ou encore l'uniformisation culturelle par la télévision et la publicité) ainsi que de la répression menée au quotidien par la police contre les immigré-e-s, les couches sociales défavorisées et les contestataires. Ce n'est pas parce que c'est difficile que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que c'est difficile ! Signataires de cette plate-forme : CNT Interco 21, CNT-FAU, Groupe Féministe Non-mixte, Groupe Libertaire, Maloka, SCALP 21, Pamplemousse, Espace autogéré des Tanneries, Courdémone. Ces divers groupes, collectifs ou individus organisent de nombreuses activités tout au long de l'année, ouvertes à tou-te-s celles et ceux que cela intéresse. N'hésitez pas à vous renseigner et à prendre contact: Maloka, BP 536, 21014 Dijon Cedex Internet : http://www.chez.com/maloka - A bientôt !