09/05/01 -- Le premier mai à Dijon Cette année, le 1ier mai (Mayday) a de nouveau été marqué par de nombreuses manifestations et actions anticapitalistes de part le monde. Un peu partout en Europe, aux Etats-Unis et ailleurs, eurent lieu des fêtes de rues, des actions théâtrales ou offensives, des défilés ou des blocages pour promouvoir la résistance au capitalisme et à ses institutions. Car depuis quelques années déjà, ce que certain-e-s considèrent comme la "fête du travail" est aussi devenu une journée mondiale d'action, marquant partout l'existence de mouvements dissidents et d'initiatives alternatives. Ce premier mai fut aussi l'occasion, en bien des endroits, de nouveaux déploiements répressifs de la part des polices. Ainsi à Londres, plus de 6000 flics étaient mobilisés suite à une gigantesque campagne de criminalisation menée depuis des mois par les médias. En Allemagne, c'est environ 9000 policiers qui se chargèrent de repousser les autonomes et de disperser violemment les manifestant-e-s "d'extrême gauche", pendant que les nazis défilaient officiellement sous leur protection. A Long Beach, en Californie, des manifestant-e-s étaient brutalement attaqué-e-s par les flics et embarqué-e-s, pendant qu'aux Baléares, des membres de la CNT étaient également matraqué-e-s et arrêté-e-s... A Dijon, la CNT et le Groupe Libertaire ont lancé un appel à la traditionnelle manif du 1er mai. En voici un bref compte-rendu par un militant de la CNT, suivi du tract distribué : "Si la désaffection générale pour cette manifestation se confirme d'année en année, réunissant de moins en moins de monde, y compris cette année où, malgré les plans sociaux à répétition, il n'y avait pas plus de 800 personnes au départ, la participation des libertaires fut une relative réussite. Les jours précédents, de nombreux collages avaient eu lieu, couvrant tant le centre ville et la FAC que les zones industrielles, appellant à cette manifestation. Des tracts ont été distribués sur deux marchés les jours précédents. Nous avons défilé derrière une grande banderolle rouge et noire appellant à un autre futur ; notre cortège, situé entre celui de la CGT et celui de la CFDT, était au moins aussi crédible que n'importe quel autre, et rassemblait assez largement les différentes composantes des mouvements libertaires dijonnais. A noter que certaines personnes appartenant à d'autres centrales, sont venus traîner leurs guêtres en notre très mauvaise compagnie, ce qui a dû faire peur à certains dirigeants syndicaux ! En bref, une large diversité rassemblée par une volonté commune. Tout au long du trajet a été distribué un tract, ci-joint, réalisé en commun. A un moment fut tendu en amont du cortège une immense banderolle noire reprenant le nom des entreprises à plans sociaux et portant le mot d'ordre "grève générale". Une fois la manif passée, elle a remonté le cortège comme un dragon de nouvel an chinois. Elle a fait son effet sur tou-te-s les manifestant-e-s, certain-e-s venant la commenter avec nous. La manif s'est terminée par une bouffe au local libertaire, couscous végétalien et côtes du Rhône pour souder dans la bonne humeur des liens durables ! Salutations anarcho-syndicalistes et libertaires, un militant CNT" Ci-dessous, le tract réalisé par la CNT 21 et le Groupe Libertaire Dijonnais, distribué lors de la manifestation : La logique capitaliste impose flexibilité et précarité, ORGANISONS-NOUS ! Depuis quelques mois le nombre de conflits est en augmentation. Dans le public comme dans le privé, chaque lutte amène des revendications différentes et mobilise à des moments différents les travailleurs et les travailleuses. On peut le voir notamment dans les négociations sur les 35 heures puisqu'elles se font entreprise par entreprise avec des échéances décalées (public : 1 janvier 2002, privé : 1 janvier 2001, entreprise de moins de 20 salariés en 2003). Toutes ces négociations poussent les salariés de chaque secteur à revendiquer ce qui va lui être bénéfique ou le moins pire. Nous nous sommes bien rendus compte que les négociations sur la réduction du temps de travail n'ont pas eu le résultat souhaité par les travailleurs et les travailleuses et que cela n'a apporté que précarité, flexibilité et de nombreuses portes, pour les patrons, vers la perte de nos acquis sociaux. Nous pouvons aussi constater le retour à des cadences infernales qui génèrent une hausse des accidents du travail, dans le but de produire tout dans un temps plus court. Selon une enquête réalisée en 1998, un salarié sur deux passé aux 35 heures réalise la même charge de travail. Cette logique de flexibilité et de précarité entraîne le passage par des périodes d'inactivité, sous forme de congés imposés ou de chômage. Pour contrôler et gérer ces périodes d'inactivité de la "main d'œuvre", le patronat avec l'aide du gouvernement a mis en place le PARE. Dans le cadre de cette réforme, le chômeur se trouve contraint de signer un contrat d'accompagnement sous peine de perdre ses indemnités. Ce principe de contractualisation individualisée place la personne en recherche d'emploi dans un rapport de force inégal face à une institution, les ASSEDIC. Ce qui fait oublier aux salariés et futurs salariés la lutte collective. L'abandon de cette dernière permet au MEDEF d'attaquer ouvertement les acquis gagnés par le passé. Dernièrement, la réforme des retraites avancée par ce dernier (augmentation de la durée de cotisation, capitalisation...) a une fois de plus montré l'assurance et le mépris du patronat face à la classe ouvrière. Pourtant la mobilisation lors de la manifestation du 25 janvier qui a fédéré le secteur public et le privé a permis de mettre en veille ce projet de réforme. Mais il existe deux facteurs de division : la différence de durée de cotisation entre public et privé et la division des organisations syndicales alors qu'il s'agit pour nous actuellement d'établir des bases collectives de revendication. DANONE ; Mars & Spencers ; DIM ; USINOR ; MOULINEX ; SNCF ; ALCATEL ; La Poste ; MICHELIN... GREVE GENERALE ! Ce que nous proposons, c'est une société de partage des richesses, une société libérée du productivisme et de la consommation soumise au profit. Pour cela en France et dans le monde, nous pensons que les travailleurs doivent s'unir et utiliser de nouveaux moyens d'action : grève générale autogestionnaire, alternatives internationales, désobéissance civile... Un point inquiétant du PARE est la mise en place de la notion de capacité professionnelle au lieu de celle de qualification. Il ne faut pas voir ici seulement un changement de terme mais la possibilité d'adapter les chômeurs aux besoins du marché du travail pour palier, en terme de main d'œuvre, à l'accroissement des divers secteurs d'activité. Notre activité professionnelle nous est imposée par le productivisme et la société de consommation. La loi du 15/12/99 prévoit un complément de salaire pour les employés gagnant le SMIC avant le passage aux 35 heures. Par contre, les nouveaux embauchés ne peuvent en bénéficier qu'à la condition d'avoir "un poste équivalent à ceux des salariés en place". Il est ainsi créé deux SMIC brut, l'un de 6373,17F et l'autre de 6981,46F. SALARIES ET CHOMEURS, LES PATRONS ONT BESOIN DE NOUS, NOUS N'AVONS PAS BESOIN D'EUX ! CNT 21 - Groupe Libertaire Dijonnais