23/10/00 -- Rassemblement contre les expulsions de squats à Dijon Ce lundi 23 octobre à 17 heures, une quarantaine de personnes s'est rassemblée devant la préfecture pour protester contre les mesures d'expulsion dont sont victimes les squatteuses et squatteurs dijonnais-es. Du café et de la soupe furent distribués aux passant-e-s devant une banderole "contre le racket des huissiers, taxons les riches pas les pauvres" et divers panneaux sur le thème des squats. Plus d'une cinquantaine de flics très agressifs était sur place, montrant une fois de plus comment la répression est de rigueur dès qu'il s'agit de squats. Trois personnes furent reçues par le chef de cabinet du préfet afin d'exiger de ce dernier qu'aucune expulsion n'ait lieu pendant la trêve hivernale et de rappeler notre ras-le-bol de la répression. Ci-dessous, le tract distribué lors de la manifestation : HALTE A LA REPRESSION CONTRE LES SQUATS DIJONNAIS ! Depuis quelques années, des locaux laissés à l'abandon sont investis et transformés en lieux de vie et d'expression collectives. Depuis l'existence de tels lieux à Dijon, leurs habitant-e-s subissent une répression obstinée de la part des autorités policière et judiciaire. En juillet 1996 déjà, le squat de la rue Charles Dumont était expulsé en toute illégalité par la police. Quelques années plus tard, le squat du 3 rue Saumaise était harcelé au point que l'un des habitants finisse aux urgences et en garde à vue (suite à un lourd tabassage policier) avant d'être expulsé en avril 2000 (le bâtiment est depuis vide et inutilisé). En juin dernier, le squat situé 12, rue Chevreul était également évacué par la mairie (et demeure lui aussi vide depuis). Pendant presque 2 ans, l'Espace autogéré des Tanneries a également dû faire face aux menaces d'expulsion de la municipalité... Ya Basta ! Nous ne pouvons accepter d'être ainsi mis-es à la rue ! Tous les prétextes semblent bons pour se débarrasser des squats, et de telles dispositions ne sont que le fruit des rapports de profit qui nous écrasent et du refus des services publics à y palier. Il y a trois semaines, un squat féministe situé 15, Cours du Parc a été ouvert. Ses occupantes ont été immédiatement convoquées à passer en procès (qui a finalement eu lieu mardi 17 octobre) suite à une plainte de la propriétaire pour "violation de domicile" (alors que cette maison est totalement laissée à l'abandon depuis 15 ans !). Par ailleurs, le squat situé 12, rue Longepierre est expulsable depuis le samedi 21 octobre, alors qu'il va de toute façon demeurer vacant. Nous n'avons pas les moyens de payer un loyer et refusons la logique d'assistanat des services sociaux. En squattant, nous reprenons nos vies en main. Mais les squats restent sous la menace constante d'une expulsion et ce même en plein hiver ! En raison de notre précarité comme de la nécessité de proposer des alternatives sociales, culturelles et politiques, chaque expulsion ne peut que donner lieu à de nouvelles occupations. Nous rejetons le pouvoir établi des riches propriétaires et des agences immobilières ne voulant qu'accroître leurs profits autant que les persécutions judiciaires et policières contre l'un des besoins les plus élémentaires : CELUI DE SE LOGER ! LES PROPRIÉTAIRES PRÉFÈRENT VOIR LEURS MAISONS MURÉES PLUTÔT QUE SQUATTÉES. NON À TOUTES LES EXPULSIONS ! des squatteuses et squatteurs dijonnais-es.