16/04/2000 - Une expulsion, des ouvertures ! A Dijon, après la vague de répression policière et médiatique de ces dernières semaines envers les squats et l'expulsion du 3, rue Saumaise, un nouveau squat a été ouvert au 11, rue Chevreul, il y a quelques jours. Ce matin, un tract expliquant la démarche des occupant-e-s a été distribué aux habitant-e-s du quartier... Ci-joint le tract en question... Une maison vide, ça sert à qui ? La maison du 11, rue Chevreul est inoccupée depuis quelques années. Un lieu vide dont personne ne se sert n'est forcément d'aucune utilité. Par notre démarche, nous prenons l'initiative d'occuper ce lieu et de le définir comme squatt. Par le fait de squatter, nous entendons créer des alternatives sociales en réalisant notre projet de vie collective et associative. Collective, car vivre à plusieurs apporte plus de facilités : répartition des tâches entre les habitant-e-s, partage des expériences de chacun-e, coût de la vie moins élevé. Vivre à plusieurs implique aussi d'apprendre à respecter et à accepter les autres. Associative car nous voulons affirmer notre volonté d'intégration à la vie du quartier en mettant en place, dans la durée, diverses activités: un atelier, un infokiosk, un bar... un espace de discussion permettant d'échanger de nouvelles idées. Squatter n'est pas sans risques. Nous sommes dans l'attente permanente d'une visite de l'huissier ou de la police. L'huissier constate l'occupation et fait démarrer la procédure au Tribunal de Grande Instance (TGI). La police n'intervient normalement qu'après la date d'expulsion rendue, après un certain délai, par le TGI. Car en tant qu'occupant-e-s "sans droit ni titre", nous sommes quand même couvert-e-s par la loi, l'inviolabilité du domicile étant un grand principe du droit français. De ce fait, il ne peut y avoir d'expulsion sans décision xécutoire du tribunal. Suite à cette décision, l'expulsion est inévitable. Nous sommes donc volontairement dans une situation précaire. Pour développer notre projet, il est pourtant évident pour nous de passer outre la notion de propriété exclusive. Ouvrir un squatt ne signifie pas vouloir se mettre en marge de la population, c'est simplement une démarche différente en accord avec notre vision de la société. Nous espérons prendre contact avec le voisinage très rapidemment et installer un dialogue pour plus de convivialité. Nous vous invitons à venir discuter avec nous, pour nous connaître et ainsi mettre de côté d'éventuels préjugés. A bientôt, les squatteurs et squatteuses du 11, rue Chevreul.