03/12/00 -- Manifestation antifasciste à Dijon le 9 décembre 2000 Voici l'appel du SCALP-21 à une manifestation antifasciste, suite à l'agression d'un militant de Ras l'front par le patron du "Brennus", "taverne gauloise" servant de point de raliement à l'extrême-droite dijonnaise. DU RIFIFI A DIJON... Le 11 novembre dernier, suite à une distribution pacifique de tracts d'information sur les activités du Brennus, un militant de Ras l'front était agressé à coups de poings par le patron de ce bar. Ce comportement, s'il illustre bien l'attitude habituelle de l'extrême-droite "musclée", dévoile au grand jour l'existence sur Dijon de cette frange de l'extrême-droite. Une poignée de quelques rasés, pseudo-skinheads, véritables nazillons, qui, même si elle s'avère incapable de mener une véritable travail politique militant n'en est pas moins un danger. Quelques autocollants du FNJ (Front National de la Jeunesse) et de groupuscules nationalistes révolutionnaires (GUD - Groupe Union Défense, Unité Radicale) voire carrément nazi (PNFE - Parti Nationaliste Français Européen), des graffitis ("white power", "race et nation", croix celtiques, crois gammées, SS...) et quelques campagnes d'affichage FN sont à rattacher à leurs activités. C'est déjà trop ! Parce que le Brennus leur offre un repaire, nous devons nous montrer vigilants et éviter qu'ils ne prennent de l'ampleur et de l'assurance. Rester passif leur permettrait de promouvoir comme bon leur semble le RIF (Rock Identitaire Français). Beaucoup moins "bête et méchant" que le RAC (Rock Against Communism, style musical des nazis chauves), le RIF rassemble un public plus varié de crânes rasés et de bons fils de famille (qui adoptent la méchouille sur le front, l'écharpe blanche et la veste de chasse sur pantalon de velours côtelé...). Prenant exemple sur le mouvement créé par le rock alternatif des années quatre-vingts (mouvement indépendant, antiraciste et anticapitaliste alliant musique et politique), ils espèrent gagner la jeunesse à leurs théories de préservation de "l'identité" européenne, de lutte contre "l'égalitarisme judéo-chrétien", contre le cosmopolitisme et le métissage. Ce support "culturel", comme les nombreuses références aux celtes, est appuyé par l'ascension en Europe des partis d'extrême-droite (Vlaamsblok en Belgique, FPÖ en Autriche, le parti du milliardaire Blocher en Suisse, Ligue du Nord en Italie...). Ces partis populistes sous des dehors libéraux engagent une politique xénophobe et ultranationaliste. En même temps, des groupuscules terroristes (comme "Combat 18", 18 pour Adolf Hitler) s'attaquent violemment aux immigré(e)s et aux antiracistes en Allemagne, en Angleterre et dans les pays de l'est (République Tchèque, Pologne...). Si en France l'extrême-droite fasciste a explosé en deux organisations sclérosées (FN et MNR), la menace n'en demeure pas moins réelle. La stratégie de l'extrême-droite radicale, dans la lignée des intellectuels de la Nouvelle Droite, est de diffuser ses idées (identité nationaliste européenne, racisme, préférence nationale...) au sein de toutes les couches de la société jusqu'à l'administration de l'Etat. Il est plus "aisé" de s'opposer à l'avancée des brutes nazies ; c'est pourquoi l'analyse des stratégies de l'extrême-droite est capitale. Comme toujours et plus que jamais, nous devons rester vigilants face à ces foyers potentiels de militantisme fasciste. Réagissons au moindre de leurs actes ! Mais cette lutte contre l'extrême-droite brute ne peut aboutir si l'on se contente de protestations effarouchées et moralistes. Parce que la lutte contre le fascisme vise à empêcher l'adhésion des masses à ces idées, l'antifascisme radical s'attaque au système politico-économique qui facilite cette adhésion. De part l'application d'une politique sécuritaire et discriminatoire vis-à-vis des minorités politiques et immigrées (répression contre les sans-papiers, centres de rétention, quotas d'immigration...), les gouvernements européens tendent à favoriser les noyaux durs d'extrême-droite. L'Etat bourgois se sert des ressentiments xénophobes pour asseoir sa politique agressive contre une partie de la population. En n'adoptant pas une politique clairement antiraciste, en n'éradiquant pas les idées racistes issues de l'extrême-droite, les partis institutionnels sont les alliés objectifs du fascisme. Pour éviter toute dérive sécuritaire et xénophobe nous devons rester critiques face à la politique cynique et hypocrite de ces partis ! NOUS DEVONS EMPECHER L'IMPLANTATION DES NOYAUX D'EXTREME DROITE, REAGIR IMMEDIATEMENT A LA MOINDRE AGRESSION, NOUS ORGANISER ET PROPOSER UNE SOCIETE PLUS EGALITAIRE. MANIFESTATION ANTIFASCISTE - SAMEDI 9 DECEMBRE 2000 Rassemblement à 15 heures, Place du Bareusai, Dijon